5-5 – La Rome antique – Histoire chronologique succincte

- 753 (21 avr) : Création légendaire de Rome (Romulus)

- 753 / - 509 : Rome est gouvernée par 14 rois légendaires.

- 509 / - 27 : Sous la République la ville est gouvernée par le Sénat, aux mains des Romains les plus riches, et par deux consuls élus chaque année. Durant cette période les guerres sont très nombreuses.

Dans un premier temps Rome conquiert l’Italie. Puis Rome combat Carthage (Guerres puniques : la ville est prise et totalement détruite en - 146), et s’empare de ses territoires en Méditerranée.

Vainqueur de sa grande rivale Rome part alors à la conquête du bassin Méditerranéen. Les armées romaines pénètrent ainsi dans le sud de la Gaule, en Espagne, puis en Grèce.

Le prestige de ces victoires militaires permet aux généraux romains de revendiquer le pouvoir politique. Le plus célèbre d’entre eux est Jules César. Il conquiert les Gaules et revient à Rome où il prend le titre de « dictateur à vie » avant d’être assassiné en – 44.

- 27 (16 jan) :  Octavien (petit-neveu de Jules César qui l’a adopté posthume en - 44) se fait octroyer par le Sénat le titre honorifique d'Auguste, qui désigne une personne agissant sous de bons auspices.

Début de l'empire romain. L'Empereur Auguste dirige seul, tout en gardant en apparence les institutions de la République. Il élargit le territoire du monde romain jusqu’à trois grands fleuves : le Rhin, le Danube et l’Euphrate.

19 juillet 64 : Sous Néron, incendie de Rome.

juin 68 / déc 69 : L'année des quatre empereurs. Première guerre civile depuis le règne d'Auguste, elle débute dans les derniers mois du règne de Néron avec la révolte de Caius Julius Vindex dans la province lyonnaise en Gaule.

20 décembre 69 : Vespasien triomphe de ses rivaux. Les crises de succession trouvent alors un semblant de dénouement avec ses deux fils qui lui succéderont.

98 / 117 : règne de Trajan. L’empire atteint ses plus grandes dimensions, s’étendant depuis la Bretagne jusqu’à la péninsule arabique. A l’intérieur de ces frontières, la longue période de paix qui règne entre les différents peuples favorise la prospérité économique. Les habitants, principalement ceux des villes, adoptent la culture et le mode de vie romain.

L'empire romain dans sa plus grande extension (fin du Ier siècle après Jésus-Christ). La ville compte à son apogée un million d'habitants. L'empire lui-même en recense cinquante millions, soit autant que l'empire chinois des Han, tandis que la Terre dans son ensemble en compte environ 250 millions.

Les voies romaines

II° siècle : le « siècle des Antonins », Rome est à son apogée. Les légions, comme durant le I° siècle, continuent à repousser les limites de l'empire jusqu'au Rhin, au Danube et à l'Euphrate. Au Sud, le désert les arrête. La mer Méditerranée devient une mer romaine, pacifiée et débarrassée de ses pirates. A l'exception de Commode, qui a pris la succession de son père Marc Aurèle, les autres empereurs arrivent au pouvoir par le biais de l'adoption.

193 : Les légions et la garde prétorienne (la garde privée de l'empereur) commencent à faire et défaire les empereurs. Septime Sévère (146 / 211) est empereur. L'empire romain entre dans une longue crise politique, en dépit d’une économie encore florissante, accompagnée d'une prospérité rurale et urbaine réelle, qui permettait d'entretenir une armée professionnelle de 600.000 soldats. Début du « Bas empire » (l’« Antiquité tardive »), période qui conduira à la chute de l’empire romain.

197 : Septime Sévère devient le premier empereur sans racines italiennes. Avec lui, l'empire romain change de nature. Il doit combattre en permanence les ennemis des frontières : il reprend la Mésopotamie aux Parthes, puis repousse les Calédoniens dans l'actuelle Écosse.

212 : l'édit de Caracalla (la Constitution antonine) accorde la citoyenneté à tous les hommes libres de l'empire. La ville de Rome lui doit, grand bâtisseur mégalomaniaque, les plus grands thermes que l'on connaisse.

235 : l’assassinat de Sévère Alexandre (ou Alexandre-Sévère), dernier empereur de la dynastie des Sévères, marque la fin du principat ou empire tel qu'Auguste l'avait inauguré. Il marque le début d'une « grande crise » dynastique d'un tiers de siècle, marquée par la nomination d'empereurs selon le bon vouloir des armées.

Sur le Rhin et le Danube, les Barbares se font plus que jamais menaçants. Gallien, qui a pris la direction de l'empire après la capture et la mort de son père Valérien, en vient à payer un tribut aux Goths des régions danubiennes !

250 / 258 : L'empereur Dèce rend obligatoire le culte impérial. Persécution des chrétiens qui refusent de sacrifier aux dieux romains. Persécution prolongée sous Valérien (257-258).

260 : En Orient, les Perses sassanides (qui ont succédé aux Parthes comme ennemis de Rome) battent l'empereur Valérien qui sera réduit en esclavage, avec 70.000 de ses hommes, dans des conditions atroces.

260 (Gallien) / 303 (Dioclétien) : La Petite paix de l’Église, une période où la religion chrétienne peut se développer sans opposition officielle du gouvernement. Elle est particulièrement rattachée au règne de l’empereur Gallien (253–268), auteur du premier édit de tolérance à l’égard des chrétiens. Elle prend fin en 303 (édit qui conduit à la grande persécution de Dioclétien). Elle est un préliminaire à la Paix de l'Église initiée par l'édit de Milan (313) promulgué par Constantin Ier et Licinius.

268 : mort de Gallien et avènement d'un général illyrien sous le nom de Claude II. Les institutions romaines retrouvent un semblant de santé. Avec lui débute une longue lignée d'empereurs énergiques, militaires de modeste extraction, tous originaires d'Illyrie (la Serbie actuelle) et des régions danubiennes.

271 : Aurélien ceinture Rome de remparts (c'est seulement 1.300 ans plus tard que l'on en viendra à abattre les remparts !). Bientôt toutes les villes de l'empire l'imiteront l'une après l'autre

271 / 273 : L’empire de Palmyre est un nom donné à une partie de l’Empire romain dont les dirigeants ont revendiqué la couronne de Rome pendant la crise du troisième siècle. Il englobait les provinces romaines de Syrie, de Palestine, d’Égypte et de grandes parties de l'Asie Mineure.

L'Empire divisé autour de 271 : Empire des Gaules et Empire de Palmyre.

III° siècle : L'anarchie conduit le pouvoir à devenir plus personnel et moins collectif. L'empereur n'apparaît plus comme le princeps, autrement dit le « Premier d'entre tous [les sénateurs] », mais comme un homme au-dessus du commun. Il est de plus en plus divinisé de son vivant à la façon orientale et sur les monnaies, il est représenté vers 285 avec la formule Dominus Noster (« Notre maître ».

285 : Dioclétien comprend que le gouvernement de l'empire dépasse désormais les forces d'un seul homme. Il instaure la « tétrarchie », autrement dit un gouvernement à quatre, chaque co-empereur surveillant une partie des frontières. Dans le souci de renforcer la cohésion de l'empire, il organise aussi de grandes persécutions contre les chrétiens, une minorité religieuse (près de 10% de la population de l'empire) qui dérange.

303 : Sous le règne de Dioclétien, Persécution de Dioclétien ou Grande persécution, la dernière répression du christianisme. 4 édits révoquent certains droits des chrétiens en leur imposant de se conformer aux pratiques religieuses traditionnelles sous peine d'emprisonnement et d’exécution.

313 : Par l'édit de Milan (en réalité une lettre circulaire attribuée à Constantin, publiée par Licinius à Nicomédie par un rescrit du 13 juin 313), Constantin décrète la liberté de tous les cultes et accorde droit de cité au christianisme. Il donna l’impulsion à la construction d’églises et à la préservation des lieux saints (nativité et Golgotha). Il se fera lui-même baptiser sur son lit de mort. Les empereurs qui succèdent à Constantin seront chrétiens, à l'exception de Julien l'Apostat.

324 : Constantin 1er (le Grand) réunifie l’Empire et transporte à Byzance, dans la « deuxième Rome », la capitale des César de l'Empire d'Orient, sur les rives du Bosphore au carrefour de l'Europe et de l'Asie, à proximité des frontières les plus menacées, pour être mieux en mesure de les défendre.

325 : Concile de Nicée (İznik, en Turquie) présidé par Constantin. Les quelque 250 évêques, presque tous orientaux, condamnent l'arianisme (mise en cause de la nature même du Christ). Ils proclament la divinité du Christ ; création de l'Eglise catholique et apostolique (adoption du Credo). La célébration de Pâques est fixée au "dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après".

11 mai 330 : Après avoir réunifié l’Empire en 324, Constantin le Grand s’empare de Byzance, la cité grecque créée vers 667 avant notre ère, et y pose, sur la rive européenne du Bosphore, la première pierre de sa ville, la fameuse Constantinople, la nouvelle capitale des césars, sur le modèle de Rome. Sur le modèle du Panthéon, il fait édifier une basilique, « Hagia Sophia » (le temple de la sagesse divine).

376 : Les Wisigoths, poussés par les Huns, franchissent le Danube et imposent à l'empereur Valens un traité qui leur donne le droit de s'installer dans l'empire (dans la Serbie actuelle) comme « fédérés » (en quelque sorte alliés). Théodose 1er conclura un traité avec les Goths en 382 pour les fixer aux sud du Danube.

380 : Théodose 1er promulgue l’Edit sur la Foi, par lequel il impose à tous les peuples de l’Empire la profession de foi de Nicée. En 381, il réunit le concile de Constantinople qui définira le dogme de la Trinité mettant ainsi fin à l’arianisme. Il interdit en 382 les cultes autres que le christianisme, qui devient la religion d’Etat. La répression affecte, dès lors, les fidèles des religions païennes et l'on assistera à des massacres par des foules chrétiennes déchaînées.

17 janvier 395 : Théodose partage l'empire romain entre ses deux fils, pour faciliter son administration. La partie à l'Ouest prend le nom d'Empire romain d'Occident, et la partie à l'Est celui d'Empire romain d'Orient. Ce dernier, qui est généralement nommé Empire byzantin par les historiens, survivra à la chute de l'Empire d'occident (en 476) jusqu'en 1453. Cette scission sera définitive. Elle se lit encore dans la frontière qui sépare la Croatie (occidentale et catholique) de la Serbie et de la Bosnie (orientale et orthodoxe). C’est la fin de l’Antiquité tardive.

Hiver 406 / 407 : les Barbares germaniques (Vandales, Suèves et Alains) franchissent le Rhin et ravagent la Gaule, puis gagnent l’Espagne. L'empire romain d'Occident est dès lors fractionné en royaumes barbares. Sur les bords du Rhin dominent les Francs (qui donneront leur nom à la France), dans la plaine d'Alsace, les Alamans (d'où le nom d'Allemagne), sur le Rhône les Burgondes (d'où le nom de Bourgogne), autour de Toulouse les Wisigoths, en Italie les Ostrogoths de Théodoric le Grand, en Espagne les Vandales (d'où le nom d'Andalousie).

410 : les barbares Wisigoths envahissent l’Italie et pillent Rome qui est mise à sac.

421 : les Huns, sous la conduite d'Attila, font une incursion en Gaule, puis menacent Lutèce (451), défendue par Sainte Geneviève.

429 : les Vandales passent en Afrique du Nord, puis prennent Carthage.

04 septembre 476 : Romulus Augustule, le dernier empereur d'Occident est déposé par le chef germanique Odoacre et ses insignes renvoyés à l'empereur de Constantinople. C’est la fin de l’empire romain d’Occident.

La plupart des historiens font de cette date la fin de l’Antiquité et le début du Moyen-Âge (lequel s’achèvera en 1492, avec la fin de la « Reconquista » espagnole le 02 janvier, et la découverte de l’Amérique le 12 octobre, année qui marque le début de l’« Epoque moderne »).

Odoacre gouverne l’Italie avec l’agrément du sénat de Rome au nom de l’empereur d’Orient à qui il demanda d’être reconnu comme patrice (appartenant à la classe supérieure et donc détenant diverses prérogatives politiques et religieuses. La classe des patriciens se distingue du reste de la population dite plébéienne.)

Ve, VIe et VIIe siècles : L'époque des Huns et des Francs ; déclin du niveau de vie en Occident. La situation se stabilise avec un jeune chef franc du nom de Clovis (de son nom dérive le prénom Louis qui sera celui de 19 rois de France). Clovis soumet toute la Gaule des Pyrénées au Rhin et au-delà.

502 : Le roi burgonde Gondebaud promulgue sur ses terres la loi (dite Gombette, d'après son nom) pour rapprocher le statut juridique des sujets gallo-romains et des occupants barbares. Cette loi sera imitée peu à peu dans les autres royaumes barbares.

476 / 565 : Apogée de l’empire romain d’Orient. Constantinople est considérée comme la capitale du monde.

527-565 : Règne de Justinien I°, « l'empereur qui ne dort jamais ». Il s'attelle à la restauration de l'Empire. Il entame aussi la compilation du droit romain. Cet ouvrage juridique du nom de Digeste inspirera les légistes européens et notamment les rédacteurs du Code Civil. Nous lui devons une partie de nos lois. Il a tenté d'unifier l'empire chrétien, divisé entre Orient et Occident et menacé de toute part. Il fait construire la basilique Sainte-Sophie, dédiée à la Sagesse (Sophia en grec). Son long règne qui marque le crépuscule de l'Antiquité et l'aube du Moyen Âge reste pourtant méconnu. Peste justinienne.

610-641 : Règne d’Héraclius. Il transforme l'empire romain d'Orient en empire byzantin (du nom de Byzance, nom grec de Constantinople). Il s'épuise à repousser les Bulgares et les Perses, mais à la veille de sa mort, il doit s'accommoder de la conquête de la Syrie et de l'Égypte par des intrus que personne n'attendait : des cavaliers arabes guidés par une nouvelle religion, l'islam.

29 mai 1453 : Siège de Constantinople qui aboutit à la prise de la ville par les troupes ottomanes de Mehmed II.

Disparition de l'Empire byzantin (ex. Empire romain d'Orient) et sa fin définitive en tant qu'entité politique et juridique. Constantinople sera nommée Istanbul en 1930, sous le règne d'Atatürk.

Les romains de l’antiquité tardive ont-ils pensé leur époque décadente ? Déjà, Caton l’Ancien, homme politique et écrivain, (-234 / -149) l’envisageait, et à défaut de percevoir la fin du monde romain, celle de l’Empire, ceux-ci ont médité sur le vieillissement des institutions et celui du monde…

La « collapsologie » centrée sur le déclin d’une civilisation, son agonie, son effondrement regroupe bien des théories.

Rome tient une place majeure, parmi l’empire Maya, la civilisation de l’Indus ou les Viking du Groenland. Depuis le XVIIIe siècle, philosophes et historiens cherchent les causes de cette chute de Rome. L’écrivain et philosophe français Voltaire (1694 / 1778) y voit le christianisme et les barbares, l’historien et homme politique britannique Edward Gibbon (1737 / 1794), la tyrannie des empereurs et les mœurs dissolues, la perte du courage, en un mot l’affaiblissement moral, tandis que l’historien classique allemand Otto Seek (1850 / 1921) y entrevoit un darwinisme à l’envers : l’élimination des meilleurs !

Si l’économiste et sociologue allemand Max Weber (1864 / 1920) a eu une approche plus économique et sociale, les théories sur le rôle du plomb, les changements climatiques, ou les pandémies comme le propose le journaliste américain Kyle Harper en 2019 sont légions…