Des Sites et des Monuments

Des SITES et des MONUMENTS

L’église

.            Son existence est attestée par une charte de 1056 par laquelle Thibaut Luneau, seigneur de Bazoges, en fait don aux moines de Maillezais. Le bâtiment, le « fort », alors probablement enclavé dans un ensemble fortifié, est édifié sur une assise rocheuse.

Les guerres de religion (1562-1598) ont dévasté l’édifice qui comprenait alors deux nefs : incendies, voûtes en partie détruites, croisées brisées, travées abattues, cloches endommagées. Des vestiges de la porte d’entrée de l’édifice du XVI° siècle sont encore visibles. L’église sort des guerres de religion en piteux état. Depuis, restaurée plusieurs fois, son aménagement actuel est l’œuvre de Basile Bonnet, curé de la paroisse de Mouilleron-en-Pareds de 1828 à 1859, qui fit une abside et deux absidales, la crypte et la 3éme nef. Cette restauration s’acheva en 1865. Le curé Bonnet fit également installer l’orgue (1867) par le facteur d’orgue nantais Le Logeais ; il a été restauré en 1995 par le facteur d’orgues Emeriau d’Angers. Une grande partie des vitraux sont l’œuvre de Janin, maître-verrier à Nancy. La chaire en chêne ciré date du XIXe siècle. En 6 panneaux, elle évoque le Christ et cinq apôtres. Deux dalles funéraires du XVIIIe, disposées sur le mur nord, portent les armes des Arnault et des Fleury, seigneurs de la Mothe, dont le château domine le bourg.

Le curé Bonnet, passionné d’histoire et des beaux-arts, est également à l’origine de nombreux autres édifices et réalisations, telles l’érection de la croix du cimetière et la création de l’école et de la Chapelle des religieuses. On lui devra également la construction de saint-Sauveur et du calvaire des Rochers.

   

Edifice primitif de l’époque romane, seul témoin de cette époque, le clocher domine le bourg de sa solide carrure de tour de défense. La majeure partie fortifiée pendant la guerre de cent ans subsiste. Son carillon avec ses 13 cloches (1853), également dû à au curé Bonnet, est le 4ème carillon rural de France. Le clocher a été classé « monument historique en 1978.

 .            Le pays de Pareds et ses environs furent une terre d’élection pour le protestantisme, un bastion au même titre que Pouzauges. L’influence des grandes familles, les Chatelier Portault, Parthenay l’Archevesque et son page Honorat Prévost, … furent sans doute prépondérants pour la pénétration de la Réforme dans cette région., par la force si nécessaire, certains papistes récalcitrants, tel Jehan Girard de Bazoches-en-Pareds, l’ayant payé de leur vie. Il faut aussi noter la contribution importante des tisserands, en particulier l’un du Breuil-Barret, une corporation qui, avec ses relations commerciales, était sensible aux idées nouvelles.

Le culte catholique fut ainsi interrompu pour de nombreuses années : l’église fut occupée par les calvinistes de 1555 à 1598. Mais la riposte fut sévère : l’Arrêt Royal du 06 août 1615 ordonnera la destruction de 13 temples bas-poitevins dont celui de Mouilleron-en-Pareds.

L’Edit de Fontainebleau (Louis XIV, 18 octobre 1685) qui révoque l’Edit de Nantes (Henri IV, 30 avril 1598) supprime la liberté religieuse, anéantit la Réforme et prétexte deux dragonnades dans la région, « une bénédiction pour le diocèse » aux dires de l’évêque de Luçon.

De nombreuses familles choisiront alors l’exil (près de 10.000 émigrés dans le Bas-Poitou). La Société Huguenote de Londres, fondée en 1885, répertorie 90 familles vendéennes, dont 10 mouilleronnaises.

Le Temple

.            L’interdiction du protestantisme (Edit de Fontainebleau, Louis XIV, 1685) conduit les protestants à détruire leur lieu de culte. Cela n’empêche en rien le développement de l’Église Réformée, et Mouilleron sera condamnée, avec 10 autres paroisses, à 2.000 livres d’amende à cause du nombre important de protestants qui s’y trouve.

L’édifice aux lignes sobres et austères, conforme à l’esprit de Calvin, fut construit en 1836, dans un quartier à dominante protestante, pour remplacer, celui, au sud du bourg, détruit en 1615 sur Ordre Royal.

Il a vu s’y marier Benjamin Clemenceau et Emma Gautreau, les parents de Georges.

En 1847, après de longues épreuves révolutionnaires, le clergé catholique reprend les rênes en main : on restaure l’église, on élève des calvaires, on érige des statues. Et l’on processionne triomphalement dans la rue qui monte au temple jusqu’à un arc de triomphe face au temple protestant, tout ceci pour accueillir les reliques de saint Aurèle, sorties des catacombes de Rome pour être enchassées à Mouilleron. Cette tension entre les deux religions chrétiennes demeurera pendant des décennies allant jusqu’à une mort d’homme !

 

Les cimetières

.            A Mouilleron-St-Germain, on dénombre 3 cimetières. Deux à Mouilleron-en-Pareds (Rue du 8 mai, et rue de Beaulieu), et un à Saint-Germain-l'Aiguiller.

Le maréchal Jean, le lieutenant Bernard, Simonne de de Calary de Lamazière (décédée le 03 juin 2003). En arrière-plan, la chapelle mortuaire où reposent les défunts des familles de Talode du Grail et de Gaiilard de Lavaldène.

Simonne de Lattre : "En juillet 1951, Jean de Lattre savait où il allait reposer. Durant cet été, il fit creuser deux caveaux, de part et d’autre de celui de Bernard". Le 12 janvier 1952, les obsèques nationales du maréchal de France Jean de Lattre de Tassigny se déroulèrent à Mouilleron après les cérémonies à Notre-Dame de Paris, à l’Arc de Triomphe et aux Invalides.

Les Monuments aux Morts

.           Après le premier conflit mondial, comme ses voisines, la commune de Mouilleron a tenu à avoir son monument pour honorer la mémoire des 79 habitants morts à la guerre 14-18. Il a la forme d’un obélisque décoré de la croix de guerre. Il fut inauguré le 9 octobre 1921 par Georges Clemenceau (privilège que ce dernier n’a accordé en France qu’à sa ville natale) et le jeune capitaine Jean De Lattre qui offrira un bouquet au « Père la Victoire ». Et son père, Roger de Lattre, maire du village, invitera Clemenceau dans la maison de famille. Le vieux président Clemenceau et le jeune capitaine de Lattre se sont rencontrés pour la première fois à cette occasion.

A noter que, couverte par l’autorité de l’ancien président du Conseil, la municipalité a pris une liberté avec la réglementation : bien que situé au centre de la place publique le monument porte une croix sur sa façade !

  

Il est à présent encadré par 4 obus offerts par le Général de Lattre après la victoire de 1945. Les noms des victimes des guerres 39-45, Indochine et Algérie ont bien naturellement été  rajoutés. Le 11 Novembre 1987, face à ce monument, le Président F. Mitterand appelait à l’union de tous les français en se référant à Clemenceau et à de Lattre.

.            Le monument aux morts de Saint-Germain-l’Aiguiller a été inauguré le 24 mai 1920 par le maire René Valette. Ce serait un artisan de Bazoges-en-Pareds qui l’aurait créé selon un croquis de Mr Phélippeau.

La stèle d’Aïn Arnat

.            Cette stèle en marbre blanc, avec un médaillon de bronze représentant le Maréchal de Lattre, signé P.Thurin et un texte de Gaston Bonheur (extrait de son article «La France rend les honneurs au Maréchal de Lattre» dans le Paris- Match n° 149 du 26 janvier 1952), est dédiée à la mémoire du maréchal. Elle fut érigée sur la base Maréchal-de-Lattre à Aïn Arnat, département de Sétif en Algérie, en 1957. En 1962, à l’indépendance de l’Algérie elle a été transférée à Wildenstein en Alsace au Centre Bernard de Lattre, initialement une maison de repos et de vacances Cette construction, décidée par le général de Lattre, en 1949, était destinée aux anciens de la 1ère armée française et à leurs familles, et en particulier pour l’accueil des orphelins de l'armée. Simonne de Lattre l’inaugura le 1er septembre 1951. Elle portera le nom de son fils « Bernard de Lattre ».

C’est une réplique de cette stèle de marbre blanc qui se trouve sur la place de Mouilleron.

Le Sacré-Cœur

.           Le curé de l’époque l’abbé Defois souhaitait créer « un monument en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus témoin de la piété populaire et monument aux morts de la guerre de 1870-71 ». Une statue du Sacré-Cœur fut ainsi inaugurée et bénie le 29 juin 1873 à la mémoire des 17 mouilleronnais morts à la guerre de 1870. Elle dominait sur sa colonne de 8 m de hauteur, derrière le cimetière, le carrefour de la route nationale d’alors.

Le temps a fragilisé son socle élancé et, à l’occasion de la création de la zone industrielle, la statue fut relocalisée en 1973, à sa place actuelle, au chevet de l’église à proximité du jardin du presbytère.

.         Les monuments de 1870 sont peu nombreux en Vendée ; ils seraient moins de 10.

Le musée national.

.            Le 11 janvier 1952, Simonne de Lattre de Tassigny, veuve à 46 ans, est désormais la maréchale de Lattre. Elle sera « naturellement » aussi maire de la commune de 1956 à 1977, succédant à son beau-père Roger de Lattre qui en fut le premier magistrat de 1911 à 1956, et qui fut doyen des maires de France.

Elle hérite d'archives et de souvenirs d'une grande valeur historique et décide de réaliser une salle du Souvenir. Absent du projet initial de Mme de Lattre, Georges Clemenceau vint s’inscrire légitimement dans le projet, tant est manifeste le parallèle entre Georges Clemenceau et Jean de Lattre : leur lieu de naissance, leur rôle dans les deux guerres mondiales, leur signature au nom de la France lors des “deux victoires” mettant fin aux deux conflits mondiaux. Ces deux enfants mouilleronnais, issus de deux traditions opposées, ont œuvré à leur manière à « l’union sacrée » lors de la première guerre mondiale, et en 1944 à « l’amalgame » des troupes issues du maquis avec celles de l’armée régulière débarquée en Provence.

.            Le musée des Deux Victoires Clemenceau-de Lattre est inauguré « sous le haut patronage de Monsieur le Général de Gaulle, et la Présidence de Monsieur André Malraux, Ministre d’État » le dimanche 19 novembre 1959 ; André Chamson de l’Académie française ministre des Affaires culturelles prononce le discours d’inauguration.

Le musée municipal devient musée national le 18 avril 1961. En 1975, la maison natale du maréchal de Lattre et les jardins sont rattachés au musée et ouverts au public.

Le musée des Deux-Victoires et celui de la maison natale du Maréchal de Lattre font partie des musées nationaux, les seuls des Pays de Loire.

Le 13 juin 2018, la maison natale de Georges Clemenceau est inaugurée par le président de la République Emmanuel Macron. Le musée des Deux-Victoires y est transféré depuis le 1er étage de la mairie où il avait été créé, et donne naissance au musée national Clemenceau-De Lattre.

La fontaine merveilleuse

.            La présence d’un système d’alimentation en terre cuite laisse à penser qu’elle pourrait dater de l’époque romane. En tout cas, déjà au Moyen-Age, les habitants de Mouilleron-en-Pareds reconnaissaient à leur fontaine des vertus miraculeuses.  Jacques de la Roche, seigneur du dit lieu, permit aux « manans habitans du Blourg et Paroisse » de construire une chapelle près de la fontaine en considération des « hauts faitz et grans miracles qui, quotidiennement, se font au lieu de la fontaine ». Ce qui fut fait en l’honneur de la Vierge Marie. Mais elle fut détruite par les religionnaires en même temps que l’église paroissiale. Le grand-père maternel de Jean de Lattre, Alexis de Mosnay, la fit restaurer en 1818, et plus récemment encore, en 1980, elle a été remise en état, ainsi que le lavoir qui recueille l’excédent de la source. Il y a encore quelques décennies des lavandières s’y installaient pour laver … et jacasser !

 

Le château de la Motte

.            Les Arnault, propriétaires du château à la façade très XIXème, avaient partie liée avec le clergé local. Il arriva même que le château assura le service de la paroisse en la personne d’un prêtre réfractaire, René-Félix de Chapelle de Jumillac allié de la famille Arnault. Issu d’une grande famille de Dordogne, né à Fontaines en Vendée, chanoine du diocèse de Toul, il fut embarqué pour la Guyane en 1798 et fut pris par les Anglais, conduit à Halifax, puis au Québec. Il rentrera en France en 1802, avant d’être exilé en Russie. Il revint terminer sa vie à Mouilleron comme desservant de la paroisse.

Au rez-de-chaussée du château, trône un majestueux tableau représentant le général de Kerhué apparenté à la famille mouilleronnaise de Gaillard, l’actuelle propriétaire.

Le logis du Vigneau

.            A quelques mètres de la route de Pouzauges sur la commune de Saint-Germain-l’Aiguiller, flanqué d’un pin parasol, se trouve le logis du Vigneau, un relais de chasse des Monti de Rezé. C’était une famille originaire de la Toscane dont l'un des membres fit souche en 1552, à Nantes ; la famille Monti de Rezé sera anoblie en 1569. Cette gentilhommière vendéenne typique en impose avec son pavillon d’accès, sa cour intérieure, son arc de pierre calcaire. Les restes d’un vitrail rappellent la présence d’une chapelle. En 1794, sa propriétaire Louise-Placide Béreau fut condamnée à mort, après un simulacre de procès, pour avoir accueilli un prêtre réfractaire. Sa montée sur l’échafaud précéda de quelques mois le massacre par la colonne infernale de Grignon, de Jean-Michel Gaudon, le dernier curé de Saint-Germain-l’Aiguiller.

La maison des Pères de Saint-Sauveur.

.            Sur la commune de Saint-Germain-l’Aiguiller, mais limitrophe à Mouilleron, une masse imposante, la fameuse « baraque » que Clemeceau menaçait de faire brûler en demandant une allumette à son ami René Vallette. On doit sa construction entre 1839 et 1843 à Basile Bonnet, curé de la paroisse de Mouilleron-en-Pareds de 1828-1859.

Cette maison, la première de la congrégation des Fils de Marie Immaculée, installée à Chavagnes-en-Pailler FUT construite, pour rassembler les missionnaires diocésains de la congrégation. La maison Saint-Sauveur de Mouilleron-en-Pareds fut la base de ces missionnaires diocésains qui pendant de nombreuses années parcoururent les routes des paroisses de l’Ouest pour différentes « missions » et prédications … Après 1921, elle accueillit de nombreux jeunes FMI pour une formation religieuse, noviciat et scholasticat. En 1968, leur nombre avait diminué, la maison Saint-Sauveur accueillit alors des novices et des étudiants en philosophie de la Fédération Notre Dame tandis que les étudiants FMI en théologie étaient désormais à Bordeaux.

Au-delà de l’animation des patronages et des grandes messes solennelles de la paroisse, les « bons » Pères contribuèrent abondamment au développement culturel de la contrée.

Faute de scholastiques, en 1969, la congrégation quitta les lieux. Un centre de promotion sociale y a été installé jusqu’en 1975, et après cinq années d’inactivité, un centre d’accueil pour groupes y a vu le jour et a accueilli des jeunes en vacance ou en stage, des adultes en formation, des activités associatives ou des réceptions familiales. Le Domaine à été acheté par la communauté de communes du Pays de La Châtaigneraie en 2001. Il a alors fait l’objet d’une profonde cure de rajeunissement, de 2001 à 2013, période pendant laquelle il a abrité des formations de l'école des Établières et une antenne de l'école départementale du Patrimoine. Le domaine présente aujourd’hui des potentialités variées, sur trois volets principaux : l'hébergement, la restauration, l'accueil d'activités en salles, une activité fortement soutenue par le succès du Puy du Fou.

La colline des moulins.

.            Lieu de promenade, la colline « inspirée » de Clemenceau et de De Lattre est un « haut lieu » à la frontière de la plaine et du bocage, trait d’union granitique de la dualité géographique et de l’histoire du département. Catholiques et protestants, républicains et royalistes, Vendée blanche et Vendée bleue ont vécu et combattu ici.

.            Les Rochers de Mouilleron-en-Pareds, site classé, s’étendent d’ouest en est sur plus de 3 km., parcourus par le sentier des Meuniers. Ce sentier pédestre relie le Bourg de Mouilleron-en-Pareds (Altitude: 100 m) à la colline des Moulins (Altitude: 184 m). Il traverse les sous-bois, suit les chemins creux et sillonne les rochers couverts d’ajoncs et de genêts. Les curieux de botanique y trouveront une petite plante très rare et protégée : le silène de Bastard, Silène vulgaris Bor. ssp. maritima var Bastardii. Le chemin communique avec celui « des châtaignes », sentier balisé sur 42 kilomètres à travers le Pays de la Châtaigneraie.

.            Partant du château de la Motte, la statue de la Vierge (déplacée, dans les années 1960, de son implantation d’origine à l’entrée de Saint-Sauveur pour permettre la construction d’une maison particulière) domine les premières pentes, itinéraire autrefois des processions des Rogations.

.            On contourne ensuite le calvaire. L'abbé Bonnet, curé de la paroisse de Mouilleron-en-Pareds de 1828-1859, pour mettre à exécution un projet qu’il mûrissait depuis longtemps, fit l’acquisition d’un terrain situé au Petit Rocher sur lequel existait la tonnelle d’un moulin brûlé pendant la Révolution. Il en fit disparaître les restes et fit enclore de murailles une enceinte de 21 mètres de diamètre, au milieu de laquelle il se proposa de poser sur un piédestal une Mater Dolorosa. Il fit ménager un seul roc dans lequel il planta le fût de la Croix. Il acheta le plus bel arbre du pays et un Christ en fonte de plus de 2 mètres.

La renommée de ce calvaire fut telle que le 31 mai 1852, jour de sa bénédiction, on évalua à plus de 6.000 le nombre de personnes présentes. Sur la place de l’église 250 hommes formèrent un carré et portèrent la croix. 150 garçons portaient des oriflammes roses et 250 filles en blanc portaient des oriflammes bleues. Le brancard du Christ était entouré de 30 garçons de 5 à 6 ans, habillés de blanc et couronnés de fleurs. Le brancard de la Vierge était entouré de 24 petites filles de même âge portant des oriflammes bleues. 38 prêtres entouraient l’abbé de Lespinay, vicaire général. La croix fut hissée sans incident.

L’état actuel du calvaire est du au cimentier M. Madras qui remplaça l’ancien calvaire en bois par une croix en béton armé en 1925. L’image de ce calvaire était telle qu’elle explique probablement le choix d’Alphonse de Châteaubriant d’y situer l’une des scènes primordiales de son roman Monsieur des Lourdines, dont René Valette semble être le modèle du héros de ce roman, récompensé par le prix Goncourt en 1911.

.            Puis l’on passe la croisée des chemins dite du Chêne Vert, un arbre majestueux qui, fin du XX° siècle, a succombé sous le poids des ans. Un arbre creux comme ceux où les chouans, pendant les guerres de Vendée, trouvaient une cache, un refuge ou une protection, à moins qu’il fut l’ultime sanctuaire d’une religion persécutée, un lieu de pèlerinage quand parfois il permettait au curé de poursuivre son ministère dans la clandestinité, remplaçant l’église où le confessionnal.

.            Sur le chemin des moulins on passe ensuite devant le Mémorial des combattants de l’Union Française, une sculpture du vendéen Henry Murail, inaugurée le 02 mai 1998, en présence de Madame la Maréchale de Lattre et de nombreux élus, entourés de 375 drapeaux exprimant la fraternité des générations ayant vécu le feu de la guerre. Henry Murail : « Ce sont des militaires que je représente autour d’un personnage historique, le Maréchal de Lattre. Un vietnamien, un africain, un maghrébin, un soldat de race blanche au visage de Bernard de Lattre mort à Ninh-Binh en 1951. Ils matérialisent la dimension cosmopolite des forces armées commandées par de Lattre, tout au long de sa carrière ».

.            L’on arrive ensuite au sommet de la colline, flanquée des moulins tour à vent des meuniers qui ont dû contribuer, avec les moulins à eau des tisserands, à la prospérité de la région.

Un parchemin du 21 juin 1438 atteste de la présence d’un moulin à vent sur la colline de Mouilleron-en-Pareds. Un article de la Société d’Emulation de la Vendée, daté de 1856 indique 17 moulins sur le site. On en trouve 15 sur le cadastre de 1834. Westermann en 1793 nous parle de 13 moulins. Une carte d’état-major (1820-1860, donc non datée avec précision sur Geoportail), semble confirmer ses dires avec effectivement 13 moulins.

Cadastre de 1834 des AD85 (Tableau d'assemblage, 3P 154 CE 001)

Durant la Guerre de Vendée, la position des ailes transmettait de colline en colline, à travers le bocage, les messages précisant les manoeuvres des bleus. Westermann, le ‘boucher de la Vendée’ à Robespierre : « Je m’emparai du bourg de Mouilleron-en-Pareds et des hauteurs des treize moulins, près de ce bourg. J’ai brûlé les moulins ».

Après les ravages des colonnes infernales, des moulins à vent ont été reconstruits. En 1852, on en comptait 14, une des plus grosses concentrations de moulins en Vendée. Quelques moulins restèrent longtemps actifs.  De nos jours, on peut recenser 8 moulins sur place dont 4 restaurés et le reste plus ou moins en ruine ou cachés dans le paysage. Les moulins reconstruits que l’on peut voir aujourd’hui, entiers ou en ruine, n’ont rien à voir avec les moulins bien moins hauts que l’on trouvait à l’époque de la Guerre de Vendée.

 

Après que leur fils Bernard de Lattre (qui avec une dérogation de De Gaulle avait pu être incorporé dans la Première armée de son père a seulement 16 ans) fut tué au rocher de Vinh Binh le 30 mai 1951, ses parents transformèrent un patauger (bassin à eau, peu profond) en un petit oratoire, Saint-Jean-Saint-Bernard, qui fut inauguré le 14 septembre 1952. Un moulin et ce patauger attenant avaient été achetés par les De Lattre, en 1929, sur les conseils de Clemenceau qui craignait de les voir disparaitre. Initialement, la famille envisageait d’en faire un oratoire pour les pères de Saint-Sauveur. Ces deux monuments, le moulin ayant également été restauré, sont classés à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et les 25 ha du site à l’Inventaire Supplémentaire. Depuis le 21 février 1991, le site de la colline (95 hectares et 58 ares) est classé en zone de préemption départementale et reconnue Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique.

 

Le 27 octobre 1992, un château d’eau érigé sur la base d’un ancien moulin dans les années 1950, époque où les réseaux de distribution d’eau potable dans les campagnes ont été construits, a été démoli.

.            On poursuit sur le chemin pour aller au site de la « Dent-Gaudin » où trône, au bord d’un ravin, une statue de la Vierge orientée vers l’est, comme une figure de proue à l’avant de la colline, à l’image d’un immense navire.