Des cartes imaginaires

         Des cartes imaginaires

BnF (2026)

            Un voyage aux frontières du réel et de la fiction, à la découverte des liens entre cartographie et imaginaire.

Car si les cartes tracent d’ordinaire les contours de terres connues, elles donnent également forme à des territoires imaginaires qui prolongent, interprètent ou personnalisent le monde réel.

Passant du paradis terrestre à l’Atlantide, de l’Eldorado au monde de Narnia et des territoires de Game of Thrones à ceux de Final Fantasy, on découvre de nombreux chefs-d’œuvre cartographiques ; ces pièces d’exception font dialoguer différents espaces-temps, suscitant la réflexion, l’amusement ou la rêverie, et rappellent qu’il est nécessaire d’imaginer le monde pour pouvoir le représenter.

Une première escale entraîne dans les mondes inexplorés et plonge au cœur de l’iconographie cartographique. Au-delà des tracés géographiques, les cartes intègrent des figures fabuleuses empruntées aux sources antiques et religieuses et transmises à travers les encyclopédies médiévales. Ces créatures peuplent les marges des terres connues et témoignent de la manière dont l’imagi­naire se projette sur les territoires à découvrir. On explore ainsi cinq continents, en compagnie de créatures chimériques qui seront progressivement chassées des cartes au XVIIIe siècle.

Gérard Mercator, Atlas sive Cosmographicae meditationes. Atlantis pars altera. Geographia nova totius mundi (Polus Arcticus) - 1595 - BnF, département des Cartes et plans, GE DD 1019-1021 (RES)

 Sebastian Münster, La Cosmographie universelle contenant la situation de toutes les parties du monde - Bâle, 1556 - BnF, département des Cartes et plans, GE FF-3058 (RES)

Barthélemy de Bologne, Des six jours de la Création : La Création du monde - 1670-1680 - BnF, département des Manuscrits, Arménien 149

Abraham Ortelius, Presbyteri ioannis imperium (Royaume du prêtre Jean), extrait de Theatrum orbis terrarum - 1579 - BnF, département des Cartes et plans, GE DD-837 (RES)

La seconde escale présente les mondes légendaires, ces lieux imaginaires que l’on a crus réels. Mêlant réalité et merveilleux, les cartographes leur ont attribué une localisation terrestre : l’Atlantide, le royaume du prêtre Jean, l’Eldorado ou le paradis terrestre prennent forme sur le globe ; à la lisière des mondes terrestres et célestes. Les cartes extra-occidentales, notamment bouddhistes avec la représentation du mont Meru, témoignent d’une volonté d’ancrer dans l’espace des lieux mythiques à forte charge symbolique et cosmologique.

La troisième escale explore les mondes littéraires, où la fiction émancipe les constructions géographiques de la réalité. Ces cartes imaginaires confèrent une consistance aux univers narratifs, du réalisme à la fantasy. On déambule ainsi de L’Île au trésor à Narnia, de Final Fantasy à Game of Thrones.

Henri Demare, Concours géographique. Comprend le puzzle géographique : Europe Grotesque Dédiée à la Jeunesse Intelligente - 1865 - BnF, département des Cartes et plans, GE A-1509

Madeleine de Scudéry, Carte du tendre ; dans Clélie, histoire romaine, volume 1 - 1654 - BnF, Réserve des livres rares, RES-Y2-1496

Thomas More, L’île d’Utopie. Utopiae insulae figura extrait de Libellus vere aureus nec minus salutaris - 1516 - BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, 4-J-109

Ernest Howard Shepard, La carte du pays de Winnie The Pooh, illustration pour Winnie-the-Pooh d’Alan Alexander Milne - 1926 - BnF, département Littérature et art, 8-Y2-73023

Pour clore le voyage, la quatrième escale considère la carte dans sa dimension évocatrice et subjective et fait dialoguer œuvres anciennes et œuvres d’artistes contemporains qui s’inspirent de la cartographie. L’art déconstruit le dispositif cartographique pour révéler la construction d’une vision collective de l’espace, montrant que toute représentation du monde naît de l’imaginaire.

An Anciente Mappe of Fairyland de William Sleigh - BnF, département des Cartes et plans, GE A-1897