Les noms de 72 femmes scientifiques inscrits sur la tour Eiffel
72 femmes "savantes", astronomes, géologues ou encore chimistes, mathématiciennes souvent oubliées sont mises à l'honneur sur le plus célèbre monument parisien. Leurs noms, fruit du travail de sélection de plusieurs mois mené par l’association « Femmes & Sciences » en lien avec les organismes de recherche tels que le CNRS, l’INSERM et l’INRIA, ainsi que de nombreuses associations scientifiques françaises et internationales, viennent s'ajouter à ceux des "Savants de la tour Eiffel" qui honorent 72 scientifiques et ingénieurs masculins.
Depuis 1889, la Tour Eiffel rend hommage aux sciences, au progrès et aux techniques à travers l’inscription en lettres d’or de 72 noms d’hommes scientifiques français sur le pourtour de son premier étage.
Longtemps invisibilisées dans ce domaine, les femmes scientifiques ont pourtant joué un rôle majeur dans la recherche en France. Un hommage pour remédier à "l'effet Matilda", à savoir "la minimisation systématique de l'apport des femmes à la recherche scientifique". C'est le constat qu'a fait la commission de sélection des 72 noms présidée par l'astrophysicienne Isabelle Vauglin, vice-présidente de l'association Femmes & Sciences, et le président de la société d'exploitation de la tour Eiffel (Sete) Jean-François Martins.
Grande chimiste, mathématicienne hors pair, astronome pionnière ou géologue aux découvertes fondamentales, voici le portrait et le parcours de quatre de ces grandes femmes de savoir qui ont leur place sur le monument le plus visité au monde.
Edmée Chandon : Née à Paris 1885, elle est la première astronome professionnelle française. Pendant la Première Guerre mondiale, elle est mobilisée pour calculer les trajectoires des projectiles d’artillerie. Elle est également la première Française à soutenir une thèse d'Etat en mathématiques en 1930. Elle réalise toute sa carrière d'astronome au sein de l'Observatoire de Paris de 1911 à 1941. À Paris, un square porte son nom depuis 2021. Il se situe dans le 11ème arrondissement dans lequel elle est née. Elle décède dans la capitale en 1944.
Henriette Delamarre : Cette paléontologue et géologue est née à Paris en 1854. En tant que géologue, elle est spécialiste des faluns. Comprenez, des roches sédimentaires détritiques contenant des fossiles. Durant sa carrière scientifique, elle travaille en étroite collaboration avec les chercheurs du Museum National d'Histoire Naturelle. En parallèle de son activité de chercheuse, elle mène plusieurs combats humanitaires et sociaux. Elle participe notamment à la fondation de la Société française de Secours aux blessés de guerre en 1894. Elle est également militante féministe et s'engage auprès du Congrès national des droits civils et du suffrage des femmes et au Conseil national des femmes françaises où elle s’engage notamment pour le droit de vote des femmes. Aujourd'hui, deux espèces d'oursins dont elle avait recueilli des spécimens étudiés portent son nom.
Irene Joliot-Curie : Chimiste reconnue née en 1897 à Paris, Irène Joliot-Curie obtient le prix Nobel de chimie en 1935 pour ses travaux sur la radioactivité artificielle avec son époux, Frédéric Joliot-Curie. Fille de Pierre et Marie Curie, elle est l’une des trois premières femmes à intégrer un gouvernement en devenant sous-secrétaire d'État à la Recherche scientifique sous le Front populaire en 1936. Elle est aussi connue pour son militantisme pour les droits des femmes et l’égalité professionnelle avec les hommes et les femmes ainsi que son engagement dans le mouvement antifasciste.
Sophie Germain : Mathématicienne autodidacte née en 1776 à Paris, elle débute sa carrière sous le nom d’Antoine Le Blanc pour se faire sa place dans un milieu majoritairement masculin. Elle apprend elle-même les mathématiques, le latin, et le grec pour pouvoir lire les ouvrages scientifiques. En 1815, Sophie Germain devient la première femme à obtenir un prix de l’Académie des sciences pour son mémoire sur les surfaces élastiques. Elle influence les recherches sur la résistance des matériaux notamment durant la construction de la tour Eiffel, à la fin du 19e siècle. Cependant, l’absence de reconnaissance pour ces travaux lui vaudra le nom "d’oubliée de la Tour Eiffel".
Les 72 scientifiques
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